LE PCC, C’EST QUOI ?
Le Plan de crise conjoint (PCC) est une forme récente de déclaration anticipée en santé mentale, permettant de prévenir et de mieux gérer une éventuelle crise en considérant les préférences des usagers en matière de soins et de traitements.
Contrairement aux directives anticipées, le PCC résulte d’un processus de décision partagée entre l’usager, son réseau de soutien professionnel et ses proches selon ses souhaits, le rôle de chacun ayant été défini en amont de la crise.
Le PCC offre de nombreux avantages, comme un meilleur contrôle des troubles psychiques, un renforcement de l’alliance thérapeutique et de la continuité des soins, une meilleure utilisation des ressources socio-sanitaires avec comme corolaire, une diminution des coûts de prise en charge ainsi que la diminution des ré-hospitalisations et du recours à la contrainte.

LES ORIGINES DU PCC
Né des mouvements de self-help et d’advocacy des usagers de la psychiatrie, le PCC est une forme récente et innovante de déclarations anticipées, qui soutient le processus de rétablissement. Il s’inscrit dans une approche partenariale aujourd’hui internationalement recommandée, respecte le droit des usagers à l’autodétermination, aux choix et aux préférences en matière de soins et de traitements, soutenus par la Convention relative aux droits des personnes handicapées édictée par l’ONU, que la Suisse a ratifiée, comme la majorité des pays européens d’ailleurs, et dont l’entrée en vigueur s’est faite en 2014.
TÉMOIGNAGES :
« Mon Plan de crise conjoint en pratique »
Pascale FERRARI, Infirmière spécialiste clinique, Gilles ROUVENAZ, Pair praticien en santé mentale
Concrètement, élaborer un Plan de crise conjoint (PCC) se fait en 4 étapes : la rédaction, la validation, la consultation ou l’application, et finalement la révision. Éclairage clinique à partir notamment de l’expérience de Gilles, médiateur de santé pair.
Pour favoriser le développement pérenne de soins fondés sur les valeurs du rétablissement, les formations soignantes doivent impliquer, de façon systématique, à toutes les étapes de leur conception à leur évaluation, les médiateurs de santé pairs (dénommés en Suisse Pairs praticiens en santé mentale [PPSM], soit des pairs ayant suivi une formation) (1, 2, 3). Or, alors que le canton de Vaud entend déployer dans ses établissements le Plan de crise conjoint (PCC) (forme récente et validée de déclarations anticipées), le manque de formation des soignants à cet outil a été identifié comme un obstacle majeur (4). Dans ce contexte, nous avons cherché à élaborer une formation au PCC avec des médiateurs de santé pairs et des proches. Cependant, trouver un pair qui ait personnellement expérimenté le PCC sous différentes formes dans son parcours de rétablissement n’allait pas de soi. C’est le cas de Gilles, dorénavant impliqué dans ladite formation, et dont l’expérience vient enrichir le présent article, au même titre que des verbatims issus de l’étude des contenus et pratiques du Plan de crise conjoint (étude PCPCC, voir l’article de P. Ferrari, p. 52). Pour rappel, et afin de contextualiser les quelques chiffres cités ici, l’étude a considéré 184 PCC.
Lire la suite (revue Santé mentale n°245 – Février 2020 « Directives anticipées en psychiatrie”)